Interview Colette Robert
N.V. : Colette Robert, quel est votre métier à Alliance Océane ?
J’exerce le métier de conductrice de machine. J’ai 40 ans.
Je suis responsable de ma machine et travaille en totale autonomie. Un chef d’équipe supervise plusieurs machines, dont la mienne. Nous sommes au total 13 conducteurs.
N.V. : En quoi consiste votre travail ?
Ma machine automatisée est une conditionneuse de surimi, les petits Coraya fermes et tendres surtout. Le produit, après avoir pris la forme d’une bande, est en effet sectionné en bâtonnets et conditionné dans des pochons étanches avant de subir une pasteurisation.
Je conduis la machine, veille à son approvisionnement et surveille son fonctionnement de façon à éviter les pannes et avoir un produit sortant conforme aux spécifications qualité, tout en respectant les consignes de sécurité.
Concrètement, ma journée se passe comme cela :
* En arrivant à mon poste, je consulte le programme de la journée qui indique les consignes de fabrication,
* Je prépare la machine avant la mise en route de la fabrication : passage du film, réglages (ex. : vitesse de la machine, tension du film…), réalisation d’essais à vide. Ma machine est automatisée donc je saisis les données via un programme informatique de GPAO (Gestion de la Production Assistée par Ordinateur).
* La fabrication est lancée, donc le produit arrive, et je contrôle toutes les 15 minutes différents critères de qualité suivant un référentiel : poids, aspect du produit (couleur), étanchéité du sachet, DLC… Je surveille en permanence les paramètres de ma machine.
* Une fois la machine au repos, je la remets dans son état de propreté et de fonctionnement initial pour le passage de relais.
Il faut savoir anticiper les défaillances, les résoudre si c’est possible et alerter le chef d’équipe lorsque c’est nécessaire.
Je suis amenée à former une personne par an à mon poste de travail afin d’assurer mon remplacement pendant les congés.
N.V. : Pouvez-vous nous parler de votre parcours professionnel ?
J’ai un CAP sténodactylo ! Le manque de débouchés dans ce domaine m’a amenée à élargir ma recherche. L’opportunité d’intégrer une entreprise dans mon secteur géographique (Cuisimer à l’époque) s’est alors offerte à moi en février 1989. On m’a proposé un CDD en tant qu’opératrice de fabrication.
Au bout de 4 ans, je suis passée conductrice de machine, machine fonctionnant manuellement. 5 ans après, j’ai évolué vers une machine très automatisée nécessitant des compétences différentes et davantage d’autonomie. C’est le poste que j’occupe actuellement.
Très timide au départ, je considère qu’intégrer l’entreprise a contribué à faire évoluer ma personnalité.
.N.V. : Quelles sont vos conditions de travail ?
Je fais les 2×8 : 5h-13h ou 13h-21h en alternance une semaine sur deux. Ces horaires me conviennent tout à fait car me permettent de profiter de ma vie de famille.
.N.V. : Pouvez-vous citer les bons côtés, et les moins bons côtés, de votre métier ?
Je ne vois pas vraiment de mauvais côtés, je suis très bien où je suis et souhaite y rester !
Le bruit des machines pourrait être gênant mais je porte des oreillettes spéciales. Sur la précédente machine, plus manuelle, le travail était difficile physiquement. Sur cette machine automatisée, le métier est plus riche intellectuellement et le temps passe très vite ! L’évolution technologique favorise de meilleures conditions de travail.
Ce que j’apprécie : l’autonomie, l’entraide avec les collègues, la bonne ambiance…
.N.V. : Quelles satisfactions vous apporte votre métier ?
Participer à la fabrication d’un produit connu (Coraya) est une forme de reconnaissance. Autre satisfaction : contribuer à faire manger les gens !
Et puis produire, fabriquer, c’est quelque chose de constructif.
N.V. : Quelles sont les qualités requises pour faire ce métier ?
La conscience professionnelle, la rapidité, la réactivité et la motivation pour le travail.
N.V. : Quelles parcours vous semble le plus adapté ?
Une expérience en industrie agroalimentaire, pour en connaître les spécificités, est un plus.
Les qualités de la personne sont importantes ; les connaissances techniques peuvent toujours s’acquérir. Chez Alliance Océane, l’encadrement général donne une chance à tous ceux qui veulent faite quelque chose.
N.V. : En conclusion, quels conseils donneriez-vous aux jeunes intéressés par ce métier ?
Il ne faut pas hésiter à essayer ce type de travail en industrie agroalimentaire à l’occasion de stages, jobs d’été… pour ne pas rester sur des aprioris et se faire sa propre idée !

